4 clés pour passer du sprint au Marathon

Philosophie Urbaine

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Nous vivons dans une Société qui oblige aux résultats. De plus, ces résultats doivent être visibles toujours plus rapidement. Je ne suis pas sûr que la journée appartienne à ceux qui se lèvent tôt mais plutôt à ceux qui savent laisser le temps d’agir. Si nous ne prêtons pas attention à qui nous sommes en tant qu’être humain, à ce que nous faisons et comment nous le faisons, nous rentrons alors dans une vie du « déjà tout prêt ». S’ensuit des méthodes pour apprendre les langues étrangères avant même de naître… Des stages pour toucher l’illumination en huit jours… Ou la notoriété avant même d’avoir fait ses preuves ! Je sais que la télé-réalité existe déjà et comme nous le voyons, c’est le chemin qui forge l’Être à vivre les effets de ce qu’il crée et non l’inverse. Des effets puissants exercés sur des personnes non préparées, les plongent dans des états de grande détresse par la suite. Les résultats rapides engendrent dans nos Sociétés modernes des maladies ou des crises politiques, économiques et sociétales chroniques jusque dans les plus hautes sphères des états.

Si nous n’apprenons pas à penser par nous-même alors ce sont les autres qui pensent pour nous et cette pensée déjà toute prête tue toute créativité possible. Les personnes qui vivent comme si la vie était un sprint sont souvent dans une pensée déjà prémâchée par d’autres et pensent être sûr que la vitesse les fera arriver avant les autres… Oui mais où ? Et si le but n’était pas d’arriver en premier mais d’arriver tous ensemble sur la ligne d’arrivée ?

Laisser le temps au temps

Vous souvenez-vous du temps où pour faire cuir du riz il fallait plus de vingt minutes ? Et bien maintenant, en moins de cinq minutes votre riz est prêt ! Ceci a l’air anecdotique et pourtant ça ne l’est pas du tout. Ce n’est pas que nous réduisons le temps de ce qui nous semble inconfortable afin d’en avoir plus pour Être bien avec soi ou pour penser à comment améliorer sa vie et celle des autres… Non, bien au contraire, plus nous avons du temps, plus nous le passons à le remplir à « FAIRE » pour AVOIR plutôt qu’à « ÊTRE ». Voilà pourquoi, il nous est maintenant très difficile d’accorder du temps à ce qui est nécessaire. Comme le temps qu’on devrait accorder aux enfants en difficultés scolaires pour trouver leur véritable talent. Comme celui qu’on devrait accorder aux nouvelles entreprises qui arrivent sur le marché avec des idées nouvelles et qui sont trop lente avant de trouver leur public. Comme celui qu’on devrait accorder à l’humain pour qu’il prospère toute au long de sa vie et puisse gérer les nombreux changements d’orientation qu’une vie est capable aujourd’hui d’offrir.

Le temps est une donnée essentielle dans l’élaboration de tout développement humain. Le temps seul, c’est-à-dire sans accompagnement ne peut pas tout faire mais tout accompagnement sans facteur temps est réduit à néant.

Cela signifie que c’est un vrai défi aujourd’hui d’arriver à s’accorder du temps pour vivre, pour se développer, pour Être et apprendre à faire plutôt que de s’agiter en faisant beaucoup d’air pour avoir l’impression d’exister.

Nos difficultés indiquent les extrémités de nos perceptions.

Trop souvent nous regardons l’extrémité du doigt qui est tendu plutôt que la direction qu’il indique. Cet état de fait crée un avancement de difficulté en difficulté en ayant à chaque fois l’impression d’en avoir fini avec la problématique. Malheureusement cette vision des difficultés de la vie survenant par à-coup sans cohérence les unes avec les autres est un peu naïve. Tout est toujours lié, c’est comme si nous réparions le cœur d’une personne malade sans prendre en considération les autres organes avec lesquels il interagit.

Chaque difficulté dans notre vie est en interaction continue avec nos autres difficultés, les faisant se déplacer et nous amenant de cette façon à vivre avec les mêmes problèmes des expériences différentes sur la forme mais pas sur le fond. C’est comme les décors d’une pièce de théâtre qui changent à chaque acte mais pas les acteurs. Avez-vous déjà quitté un travail à cause d’un problème avec un collègue ou avec votre patron et retrouvé le même problème chez un nouvel employeur ? Avez-vous déjà quitté votre compagne ou compagnon à cause d’un problème que vous retrouvez maintenant chez votre nouveau partenaire ? Alors vous savez de quoi on parle.

C’est en essayant de raccorder ensemble toutes les difficultés que nous rencontrons et en trouvant leur point commun ou ce qui les maintient entre-elles, que nous accédons à une plus grande compréhension de notre vie. Ceci la remet dans une globalité et permet d’acquérir une vision plus large car ainsi nous pouvons nous extraire momentanément de notre propre centre pour en voir les contours et comprendre nos limites.

Cependant, nos difficultés sont globales et nous affectent intégralement, d’abord tous les corps (physique – émotionnel et mental) et ensuite les personnes qui nous entourent. Nous sommes des êtres, nous inscrivant dans une réalité globale ou intégrale, c’est-à-dire interagissant avec tout son environnement professionnel, familial, social. Nous pourrions aussi rajouter minéral, végétal, animal et humain bien sûr. Par conséquent, toutes nos difficultés notent de là où nous marquons encore une limite entre nous et tout ce qui nous entoure. En acceptant ces limites, ces difficultés, nous acceptons les défis qui s’offrent avec et pouvons accompagner les épreuves de la vie avec une plus grande sérénité.

Apprendre à marcher

Nous ne savons plus marcher car nous avons appris à courir et depuis, nous le faisons tellement bien que nous ne savons plus nous arrêter. Cette clé est assez proche de la première (laisser du temps au temps) mais comporte des nuances importantes.

Marcher c’est apprendre à reconnaitre son rythme, nous n’avançons pas tous à la même vitesse. Comprendre notre rythme, c’est comprendre ce que nous apportons à nous-même, aux autres, à la Société. Cela peut être de la discipline, de l’organisation, du temps, de l’attention, de l’écoute, de la stimulation, de l’intelligence.

Lorsque nous courons tous en même temps nous sommes pris dans un rythme nous poussant vers une compétition avec soi-mêmes et/ou parfois avec les autres. De plus, nous gardons la tête baissée ou maintenons une vision très orientée (droit devant) nous coupant ainsi de tout ce qui se passe autour de nous.

Tandis que lorsque nous marchons à notre rythme, nous faisons une expérience où tous les sens peuvent être mis à contribution et participent à l’appréciation du moment Présent. Nous rentrons en contact avec les autres visuellement, nous pouvons les aider si le besoin se fait sentir. Nous redevenons perceptible à la vie qui nous entoure et avec laquelle nous avons à interagir.

De la périphérie au Centre

De ces trois premières clés découle la quatrième. En repassant de la périphérie ou nous courons pour avoir des résultats rapide au centre de soi où tout se trouve, tout EST, nous redevenons capable de percevoir ce qui se passe à notre périphérie et ainsi de coopérer à la vie qui nous entoure. Nous devenons à la fois le producteurs et acteur de la vie et non plus un spectateur ou un simple figurant. Il n’est pas question de se couper non plus de ce qui se passe à la périphérie en restant au centre comme un ermite dans sa grotte.

En allant à la rencontre du Monde, je me découvre. En me découvrant, je découvre le Monde.

En apprenant à faire ce double mouvement en conscience, nous restons connectés à l’expérience prodigieuse de la Vie et participons à cette création en continue. Ce mouvement se fait par l’aide des trois premiers points vus qui permettent cet aller et retour entre la périphérie et le centre.

S’accorder du temps, comprendre nos difficultés dans une globalité, apprendre et comprendre son rythme et passer de la périphérie au centre de sa vie sont des clés permettant à chacun de retrouver un équilibre intérieur où la Pensée retrouve un espace d’expression vivant. Ceci nous remet dans un aspect qui est à la fois global et qui nous appartient car issue de nos propres expériences choisies et non préfabriquées. La vie n’est pas un sprint mais un marathon qui se fait en marchant à son rythme afin d’en faire une expérience complète mettant en éveil tous nos sens de la périphérie jusqu’au centre.

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