La Solitude et l’Éveil

Qu’est-ce que la solitude pour celui qui s’éveille à la conscience de tout ce qui vie ? Peut-être, est-ce la création d’un espace où rien d’autre que l’essentiel apparaît enfin comme une évidence. La solitude vient très souvent cueillir chacun dans ses peurs et qu’importent celles-ci, il n’en existe finalement qu’une seule et véritable, la mort.

La solitude apparaît donc comme terrifiante à tous ceux qui ont donné le pouvoir à la mort sur leur Essence car on présuppose la mort comme une fin de tout alors qu’elle est en fait, une faim de tout.

La conscience est tel un estomac, elle gloutonne de petites perles d’amour inlassablement à chaque seconde jusqu’à ce qu’elle arrive à un point de congestion telle que rien ne peut plus être avalé d’autre. La conscience a grossit et grossit encore mais tout son être ne peut contenir plus de compréhension d’amour. Elle doit donc digérer et c’est cela que fait l’âme, elle digère le festin suprême dans la paix éternelle. De fait, il n’existe pas de mort sans amour car il n’y a pas de prise de conscience sans notion de fin même si, ce qui apparaît comme fini est une simple impression, une illusion.

La solitude enseigne à accueillir la vie dans ce qu’elle a de magnifique mais aussi de tragique, le désert affectif, l’inconsistance relationnelle, le vide de son ego, la mort de tout mais surtout de soi. Par conséquent, la solitude nous fait pénétrer dans une mort ou plus exactement une manifestation profonde de l’amour que seuls ceux qui ont accepté cette expérience peuvent connaître et dans laquelle, la mort est un passage brutalement délicieux vers une paix sans fin.

C’est aimer la vie qui la fait disparaitre et cela consiste à accueillir tout ce avec quoi, elle est en lien. Nous sommes des êtres infiniment reliés, des êtres vivants dont la nature manifeste l’inséparabilité alors comment pourrait-il être possible de conjuguer aimer et être isolé ensemble ?

Cela n’est dû qu’à notre isolement intérieur, lorsque nous cessons d’être relié à la vie et à sa vérité, nous plongeons naturellement dans le « sentiment de solitude » mais non dans ses vertus.

L’inséparabilité nous amène à prendre conscience que nous sommes d’abord reliés à tout ce qui nous concerne, nos pensées, nos émotions, nos sensations, mais aussi à ceux qui nous sont proches et nous entourent, ils forment notre monde. Puis, il y a aussi l’environnement avec tous les règnes puissants de la nature mais aussi la Terre elle-même et les étoiles, les constellations, les galaxies… Tout cet univers gigantesque donne un sens à l’existence de chaque individu. Il faut se résoudre à observer avec lucidité que l’existence seule n’a pas de sens sans l’infinité des formes animées avec lesquels nous la partageons. Il serait préférable de penser que c’est l’univers qui donne sens à notre existence et d’organiser ses actions dans ces termes et non l’inverse.

Chaque vie prend naissance à l’intérieur de ce magma interconnecté universel, vivre ne s’accomplit qu’à travers cette existence à la fois phénoménale et flamboyante mais on ne décide pas de participer ou non à l’œuvre cosmique, on est une de ses cellules agissantes conscientes ou inconscientes, qu’importe le sentiment de solitude.

Ainsi, la solitude prend tout son sens, ce n’est plus un isolement mais une façon d’être relié plus proche encore à la vie, à ce fil si fragile et puissant où sa présence habite le clair-obscur. Celui qui s’éveille à la vie découvre une solitude qui approfondit la joie, l’écoute, le questionnement, le silence, l’infini.

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