Le chemin vers l’accomplissement spirituel n’existe pas

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Souvent, nous observons notre vie selon un chemin composé de choix que nous avons fait. Le chemin rapporte toujours ce qui a été accomplie et non là où nous sommes attendus. Mais ce lieu auquel, je fais maintenant référence dans un futur attendu, n’existe pas. Il n y a pas de lieu où se rendre, il n’y a pas de destination. Je peux courir ou marcher avec une lenteur absolue, je n’arriverai jamais à ce point qui est attendu, pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas.

Lorsque nous faisons une chose spécifique comme peindre, danser, lire ou se promener ce n’est pas le résultat où le lieu final qui importe mais bien la joie de l’action qui s’accomplit.

Là se trouve le réel accomplissement, dans l’action, le geste car vous ne pourrez qu’une seule fois vous rendre à un lieu pour la première fois mais tous les jours vous pouvez marcher et aligner un pied après l’autre en sachant que ce simple mouvement pour vous emmener à l’autre bout du monde alors que vous n’avez fait que quelques pas.

Dans la peinture, la joie est de peindre et non de faire des tableaux, lorsqu’on danse, la joie est de danser et non d’exécuter une danse chorégraphiée. Quand on joue d’un instrument, la joie est de jouer et non l’œuvre que les autres entendent. C’est dans l’action que la joie de l’être s’éprouve et non dans son résultat.

L’erreur est par conséquent de jouer pour le résultat que les autres écouteront, d’écrire pour ce que les autres liront ou de vivre pour ce que les autres en diront. L’erreur est de confondre la direction avec la destination. L’erreur est de croire qu’il existe une fin, un terminus, un point final. Chaque expiration donne lieu à une inspiration comme le geste qui s’accomplit trouvant sa joie dans le mouvement car il le sait infini.

Il n’y a donc pas de fin ? Non, mais cette extase infinie éprouvée par le geste dans son propre mouvement n’est autre que la conscience prenant conscience d’elle-même. C’est cette même joie profonde que nous ressentons lorsque nous faisons un déclic, une prise de conscience éclairant d’un seul coup toutes les cellules du corps et au-delà.

La destination alors s’évapore et ne laisse place qu’à l’indiscutable vérité de l’action. Là se situe la Vie, dénudée de tout but.

La nature tout entière nous rappelle qu’elle pousse dans une seule direction. C’est vers la lumière qu’elle se dirige et qu’elle répond à cet appel et saison après saison invariablement, elle recommence et s’élance à corps perdu à accomplir ce seul mouvement qu’il lui est connu. Elle ne cherche rien d’autre à accomplir et les seules variations sont apportées par les conditions extérieures qui changent année après année.

Le geste, bien que différent à chaque saison est donc parfait car il répond avec harmonie à la proposition entre le mouvement intérieur et les conditions extérieures.

Le chemin est donc ce que nous pouvons constater de ce geste lancé avec désinvolture mais tombant toujours là où il semble être le plus évident et nécessaire sans chercher à l’être. Là réside la divine simplicité de l’être ou l’harmonie divine.

Pourquoi cette simplicité harmonieuse dont fait preuve la nature semble si évidente, si éblouissante à nos yeux ? Car le mouvement n’est que le continuum de l’immobilité. Lorsque l’immobilité prie conscience de sa propre immobilité, elle créa le mouvement formant ainsi une seule et même vérité perceptibles dans deux champs d’expériences différentes. Voilà pourquoi le mouvement est joie car il est une constante harmonie, il est une unité indestructible qui cherche dans sa répétition infinie, la connaissance de soi et à travers elle, son expansion.

Cherchons, nous aussi à entrer dans cette expansion sans y penser, sans la chercher, sans la vouloir, sans la désirer. Mais par le mouvement simple et dénudé qui est pure joie de l’être ne déployant que sa vérité car là où l’immobilité règne, le mouvement est infini.

Le chemin relate uniquement le parcours passé, celui que la mémoire a pu enregistrer, il est fait de fragments d’interprétation d’événements physiques, émotionnels et psychiques. Il est le résultat déjà formalisé n’ayant plus aucun attrait pour le présent si ce n’est que d’avoir acquis une connaissance intérieure certaine. Le futur n’est rien d’autre que des projections, de la pure science-fiction. Ce que l’on nomme dans la spiritualité la vision est l’orientation intelligente de l’amour. L’erreur humaine vient le plus souvent de vouloir interpréter la vision car nul ne peut la détenir. La vision est par définition parcellaire puisque tous les êtres vivants sont poussés par cet instinct spirituel vital majeur contenant un fragment séquentiel de la vision. L’orientation intelligente vers l’unité est la révélation unanime de toutes les parties qui la consitue et œuvre ensemble à cette vérité fondamentale.

La poussée « ressentie » vers l’avant est une poussée d’ensemble contenant l’intégralité des être mus dans l’univers par cette intelligence et non un déplacement vers l’avant. C’est un mouvement sur place qui annihile la dualité entre l’immobilité et le mouvement.

Ainsi, la spiritualité n’a pas de chemin, son accomplissement est dans sa pleine présence à l’instant, sa vérité est l’action spirituelle poussée par le désir de l’esprit à son sommet. Se laisser pénétrer par cette idée est déjà un mouvement spirituel en soi. Ne cherchez pas à réaliser une chose ou une aventure spirituelle mais réaliser ce qui doit être dans l’instant car là est le sublime produit de l’âme, là est la grande aventure, là est l’harmonie divine.

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